L'enfant éternel en Avishai Cohen

L'enfant éternel en Avishai Cohen

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L'enfant éternel en Avishai Cohen
  • 09 Jul 2026
  • 5 minutes

Le 30 octobre 2026, Avishai Cohen montera sur la scène du Stadsschouwburg à Anvers pour la première live de son nouvel album Eternal Child. C'est aussi la seule occasion de voir l'un des contrebassistes et compositeurs les plus influents du jazz contemporain présenter lui-même cet album, grâce à Stage Magic.

Au fil des années, Avishai Cohen a construit une œuvre qui continue de toucher critique et public dans le monde entier. Sa percée est survenue dans les années 90, lorsqu'un coup de fil de Chick Corea a changé sa vie. Pendant six ans, le bassiste israélien a été la cheville ouvrière du New Trio de Corea. Depuis lors, il est devenu un artiste qui repousse sans cesse les frontières et ouvre de nouveaux univers musicaux, sans jamais perdre de vue le cœur émotionnel de sa musique. Son mélange caractéristique de jazz acoustique, d'influences moyen-orientales et d'un lyrisme prononcé lui a valu un public fidèle à travers le monde et de nombreuses distinctions.

Eternal Child : la boucle est bouclée

Le nouvel album, sorti le 29 mai 2026, porte un titre que Cohen n'a pas écrit lui-même. Le morceau-titre est un hommage particulier : Eternal Child est une reprise, une composition de Chick Corea, le mentor qui a propulsé Cohen sur la scène internationale. Cette rencontre a laissé une empreinte durable, et avec Eternal Child, Cohen boucle la boucle.

D'ailleurs, le choix précis de ce nom et de ce morceau est révélateur. La décision est née lorsqu'il est tombé sur une photo de lui enfant, âgé de quatre ou cinq ans. Cinquante ans plus tard, il a immédiatement reconnu ce regard sur la photo, qui orne d’ailleurs aujourd'hui la pochette de l'album.

« Ce qui me frappe dans cette photo, c'est l'émerveillement dans mes yeux. J'étais un rêveur. J'aimais la nature. Aujourd'hui encore, je suis fasciné par elle, par la musique et par tout ce qui est magique. Et dans ce regard d'enfant, je vois déjà une joie de vivre, une envie de jouer et une soif de curiosité. » Cinquante ans plus tard, la même étincelle brûle encore avec la même intensité.

« Remaining an eternal child is the lot of many artists. Those are the lucky ones. »

- Avishai Cohen

Entre les mains de Cohen, l'œuvre résonne comme un clin d'œil reconnaissant au passé et un bond vers l'avenir, avec un univers sonore qui oscille entre émerveillement juvénile et réflexion artistique mûrie.

Sur une poignée de morceaux de l'album, on entend aussi le légendaire batteur Jeff Ballard, aux côtés duquel Cohen a joué à l'époque de Chick Corea. Un écho supplémentaire au passé.

Un trio en pleine forme

Aux côtés de Cohen se trouvent sur scène le pianiste Itay Simhovich (22 ans) et le batteur Eviatar Slivnik (30 ans). Deux jeunes musiciens profondément enracinés dans la tradition de Miles Davis, des Jazz Messengers et des trios de Bill Evans et Ahmad Jamal.

Cohen décrit Eternal Child comme son album le plus « jazz » à ce jour, une conséquence logique des personnalités de ses sidemen. Ils apportent aux morceaux une nouvelle profondeur et une nouvelle joie de jouer.

Sur scène, le Avishai Cohen Trio respire comme un seul organisme. La contrebasse virtuose en constitue le cœur battant, le piano lyrique apporte couleur et richesse mélodique, tandis que la batterie, alerte et inventive, assure le pouls, la tension et des accents surprenants. Ensemble, ils créent un univers sonore qui bascule entre lyrisme intime, éclats rythmiques et instants d'une subtilité presque chambriste. La combinaison du trio crée une tension dramatique qui ne vous lâche pas un instant.

Portrait intime

Les dix compositions forment un portrait intime : chaque morceau est lié à quelqu'un de l'entourage proche de Cohen ou à une histoire personnelle. Cela rend la musique à la fois immédiatement reconnaissable et profondément personnelle. Ainsi, Simchover et Sliv El rendent hommage à ses deux musiciens. La ballade El Bazita porte le surnom de sa compagne. Et My Brues, il l'a écrit pour son fidèle public japonais, qui prononce « blues » à sa propre manière.

L'album se termine par Closure, qui se ressent à la fois comme un final triomphant et comme un nouveau point de départ.

Unique date belge

Le concert du 30 octobre au Stadsschouwburg est l'unique occasion belge où Avishai Cohen interprète Eternal Child en live. Cette date devient ainsi un véritable rendez-vous pour les amateurs de jazz et de musique live aventureuse. C'est une occasion rare d'assister à une présentation d'album qui se ressent à la fois comme un journal intime et comme une invitation ouverte à plonger, en tant qu'auditeur, dans l'univers de Cohen. Porté par un trio qui joue avec audace, imagination et une soif inépuisable de découverte musicale.

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